L'abbaye Notre Dame de Timadeuc

Mars 2012
« Ô mon peuple rebelle » : après quinze jours de vacances fort appréciées, Frère Laurent, Frère Raphaël et Frère Emmanuel-Marie retrouvent le chemin du Conservatoire. Ils y apprennent le chant choral avec une très belle hymne du frère David, abbé d’En Calcat (Tarn), sur une musique de Jacques Berthier.
Week-end du 3 et 4 mars
: nous accueillons les membres de la fraternité
cistercienne de Timadeuc.
Les plus courageux, ou du moins les plus disponibles, mettent la main
à la pâte dans la bonne humeur le vendredi
après-midi pour une séance de mise en
boîtes de
pâtes de fruits. Ils nous rendent par là un grand
service
puisque nous n’assurons plus ce travail communautaire
après le souper et avant l’office de Complies «
en ces jours de Carême, où chacun recevra un livre
tiré de la bibliothèque, qu’il lira
à la
suite et en entier » au scriptorium (cf. la
règle
de Saint Benoît). Il s’agit d’une lecture
autre que
la lecture du réfectoire écoutée
ensemble durant
les repas pris en silence. Le moine ne se nourrit pas seulement de pain
sec et d’eau… En ce moment nous sommes
captivés par
une biographie de dom Colomba Marmion écrite Mark Tierney,
après avoir écouté une
réflexion de Pierre
Rabhi (Vers la
sobriété heureuse) et encore l’Evénement
Vatican II rédigée par John-W
O'Malley.
En l’absence des diacres
Benoît et Guy (membres de la fraternité),
c’est Denys
qui proclame l’évangile et donne
l’homélie.
Enfin en ce jour, père abbé n’oublie
pas de
souhaiter une bonne fête aux grand-mères, leurs
rappelant
le rôle important qu’elles ont à tenir
dans la
transmission de la foi !
Du 5 au 25 mars : en
tant que «
père immédiat », père Benoît
assure une visite de reconnaissance auprès de « ses filles
»
malgaches… Mais ces termes spécifiques ont besoin
d’être expliqués ! Dans le monachisme
cistercien,
des liens juridiques existent entre les abbayes. Ainsi
l’abbaye
de Timadeuc est dite «
fille » ou «
maison-fille »
de l’abbaye de la Trappe (Orne) car fondée en 1841
par ces
moines héritiers de l’abbé de
Rancé; et dom
Guerric, l’actuel abbé de la Grande Trappe est
notre «
père immédiat ».
Toutefois, en ce qui concerne les abbayes de moniales, c’est
encore différent ! Une abbaye de sœurs
n’est pas
affiliée à celle qui l’a
fondée, mais
à une abbaye d’hommes dont
l’abbé devient
aussi père immédiat. Ainsi père
Benoît se
trouve être le père immédiat de
l’abbaye de
nos voisines de La-Joie-Notre-Dame (Morbihan) et aussi par filiation du
prieuré des sœurs de Notre-Dame
d’Ampibanjinana,
fondation de ces dernières à Madagascar.
Comme jadis Tobias a
été
accompagné de l’Ange Raphaël pour veiller
sur lui en
son voyage aventureux (cf. le livre biblique de Tobit), père Benoît
aura à ses côtés mère Mickaël,
abbesse de la Joie-Notre-Dame comme guide
d’expédition !
Aussi ne peut-il pas mieux rêver pour son premier contact
avec la
communauté des sœurs malgaches… et
pourtant,
c’est bête mais nous nous inquiétons un
peu pour lui
! Peut-être à cause du film d’animation « Madagascar
»
et du sympathique Marty, une des vedettes du zoo du central park, qui
entraînera, bien malgré lui, ses amis jusque sur
la Grande
Ile, obsédé qu’il est de sortir
à tout prix
hors de sa clôture !
En l’absence du père abbé durant ces trois semaines, la gestion des affaires courantes revient au prieur, le « second » de la communauté nommé par l’abbé pour lui venir en aide dans sa tâche. A ce titre, Frère Yvon anime le chapitre informel du dimanche soir et nous partage ce qui lui tient à cœur : sa passion pour les grands mouvements de pensée des 19ème et 20ème siècles. (la crise moderniste…)
Le 6 mars : Frère Irénée donne une conférence à Sainte-Anne d’Auray lors de la Rencontre de l’ARECMO (Amicale des Retraités de l’Enseignement Catholique du Morbihan), à un auditoire de 60 participants. « Sous la Parole de Dieu …pour que notre joie soit parfaite » : il faisait écho à l’Exhortation Apostolique de Benoît XVI, « Verbum Domini » (la Parole du Seigneur), de novembre 2010.
Dimanche 11 mars : Frère Joseph apprend le décès de sa jeune sœur Génovéfa (85 ans). Il se rendra auprès de sa famille le jour de l’enterrement, accompagné de son chauffeur Frère Jean-Michel.
Le 13 mars : Frère Yvon et Frère Michel se rendent au CFIA (Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire) au Parc Expo de Rennes. Une visite préparée à l’avance via internet pour rencontrer les bonnes personnes, sur plus de 1300 exposants répartis en trois pôles d’activités : ingrédients, équipements et emballages. Nos frères fromager et cellérier sont intéressés par un matériel de levage et de mise à niveau pour améliorer les conditions de travail à la fromagerie ; à l’exemple de nos sœurs d’Echourgnac (Dordogne) qui l’utilisent déjà en cave et en sont très satisfaites : « Mieux vaut prévenir que guérir ». Nous voyons ce qu’il en est de la longue convalescence de Frère Raphaël qui n’est toujours pas « réinstallé » parmi ses frères au chœur.
En l’absence du père abbé, du prieur et du sous-prieur ce jour-là, l’hebdomadier (celui qui dirige l’office pendant la durée d’une semaine, d’où son nom), en l’occurrence Frère Yann, orchestre d’une main de maître le bon déroulement de la prière liturgique à l’église : « Chantez au Seigneur le cantique nouveau, de tout votre art soutenez l’ovation ». (Psaume 32)
Le lendemain, Frère Emmanuel-Marie se paye le luxe d’une « journée désert » sous le soleil de printemps ; nous ne le verrons plus de la journée si ce n’est à l’Eucharistie du matin, la lecture régulière du soir et l’office des Complies.
Des agents municipaux de la voierie s’activent aux abords du monastère : ils posent un tuyau dans le fossé, élargissent la route et prévoient dans un proche avenir le tracé d’une piste pour piétons. L’idée est bonne car nombreux sont ceux qui, aux beaux jours, circulent le dimanche par là… après une bonne marche sur le chemin du halage en contrebas, une montée vers l’abbaye et un passage par le magasin de la porterie fait partie du rituel ; à moins que ce ne soit pour assister à la prière des moines : « Quelle joie quand on m’a dit : " nous irons à la maison du Seigneur ! " Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (Psaume 121). C’est l’occasion choisie par Frère Michel et son équipe Jean-Yves et Gilles pour rétablir une clôture neuve à cet endroit.
Le 19 mars : solennité de saint Joseph, gardien de la Sainte Famille, « cet éloquent taciturne » comme il est précisé par le président dans le mot d’accueil de la célébration eucharistique.
Le samedi 24 mars : Père abbé
revient de son périple sain(t) et sauf, quoique un peu
fatigué après un vol de nuit sans escale de onze
heures
entre Antananarivo et Paris… sans compter les 8 heures de
voiture des deux jours précédents pour couvrir le
trajet
du monastère (proche de la ville de Fianarantsoa)
jusqu’à l’aéroport de « Tana »,
la capitale située dans la partie centrale de
l’île !
Et pourtant le mercredi suivant,
il reprend la route, cette fois vers la Trappe pour participer
à
une réunion des abbés et abbesses de
l’ouest qui
devait se tenir en février mais qui avait
été
annulée in extremis à cause des
intempéries
(neige).
Dans
la nuit du samedi au dimanche : changement d’heure mais pas
d’horaires, attention ! Nous avançons nos montres
d’une heure et « perdons » autant de
sommeil; le
passage de l’horaire d’hiver à
l’horaire
d’été s’effectuant
traditionnellement le 1er
mai.
Ce même jour du 25 mars : Frère
Yves-Marie participe au colloque « le sens et
l’urgence du dialogue interreligieux »
organisé par l’association nantaise Tibhirine
à l’abbaye de Fontevraud (Maine et Loire).
Le 26 mars : «
dans la joie du Saint-Esprit » nous
célébrons en Eglise la solennité de
l’Annonciation du Seigneur. « Mon âme
exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »
(le Magnificat).
Dans l’après-midi, Frère Louis-Marie
part deux jours à la Coudre (Mayenne) pour une session des
chantres de l’Ouest. Remarquons que si notre frère
avait
été aussi enrhumé que l’est Frère René
en ce moment, cette rencontre ne lui aurait été
d’aucun profit… si ce n’est toutefois
d’être accueilli dans la nouvelle
hôtellerie de nos
sœurs cisterciennes; une petite merveille au
ouï-dire de
ceux qui fréquentent les lieux depuis longtemps et qui
connaissaient l’endroit avant les rénovations
entreprises !
Le soir, Frère Etienne
nous propose un reportage sur la vie d’Etty Hillesum :
bouleversant cheminement spirituel de cette jeune juive hollandaise aux
mœurs quelque peu dissolues, morte à Auschwitz en
1943
à l’âge de 29 ans.
Enfin le mois de mars, ce fut encore
bien
d’autres choses : les anniversaires de quelques
frères,
l’accueil de nombreux et importants groupes aussi bien
à
l’hôtellerie intérieure qu’au
Foyer
saint-Julien et au Moulin les samedi et dimanche… mais une
autre
page ne suffirait pas à tout mentionner aussi
clôturons
ici cette chronique de Carême !